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En des lieux improbables

Alors qu’hier nous nous sommes contentés d’une prise de température – un petit tour au MBK en passant par un tailleur comme seule Bangkok sait faire – nous avons aujourd’hui été plus entreprenants.
Nous sommes partis à  pied depuis notre calme guesthouse de Banglamphu en quête d’un temple que je voulais voir depuis des années, le Golden Temple. Comme le meilleur moyen d’aller d’un point à un autre quand on voyage n’est certainement pas la ligne droite,  Jean-Pierre et moi avons choisi d’errer un peu, de prendre des chemins de traverse.
Bien nous en a pris !
De ruelle en ruelle, nous avons découvert un Bangkok bien éloigné des gratte-ciels de Sukkhumvit ou de la réserve à farang de Khao San. Exactement le genre de balades qui font comprendre pourquoi l’on appelle Bangkok la Cité des Anges.
Un temple assez magnifique, bien que très classique, où les bruits de la rue voisine semblent déjà résonner autrement, comme plus feutrés.
Un peu plus loin,  un autre temple qui abrite un extraordinaire chedi, un sorte de temple montagne tout en corridors,  en pénombre et en sérénité.  Chaque étage est conçu pour une forme de méditation précise avant d’atteindre le nirvana – sans rire ! – d’où la vue sur Bangkok est juste époustouflante !
Juste en face,  dissimulé derrière un fragment de rempart,  un vrai quartier ancien dont certaines maisons de bois ont 200 ans. Et ce n’est pas le moins du monde un truc à touriste parce pour être honnête,  nous y étions les seuls farang et que les gens y vivent vraiment !
Et enfin, au-delà d’un khlong qui fait ressembler ce coin à une Amsterdam post réchauffement climatique, le Wat Saket. Imaginez un gigantesque stupa tout blanc surmonté d’un chedi doré au sein d’une  jungle d’émeraude. Imaginez-vous gravissant les escaliers rouge qui s’enroulent autour, dans le son grave d’un gong et celui,  plus aigre, de dizaines de cloches en bronze que font résonner les fidèles et, dans une moindre mesure, les touristes comme nous. Car ce qui est une fois de plus frappant, c’est ce mélange harmonieux entre dévotion et agrément, un genre de désacralisation du sacré, un joyeux pas de deux entre profane et religieux qui n’est évidemment pas pour me déplaire…
Et je ne vous parle même de la vue depuis le terrasse au sommet : un pur délice.
Tout comme le pad thai dans la gargotte juste en face de l’entrée,  d’ailleurs.
Comme quoi quand on sort des sentiers battus…

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