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L’aube de la felicite…

Ce titre ne pouvait coller mieux. D’une part parce que depuis hier et une petite visite à la pharmacie locale, je n’ai plus l’impression que l’on me traverse le ventre avec un CD de Céline Dion à chaque fois que je mange (symptôme qui avait d’ailleurs aussi atteint Jean-Pierre).
Et d’autre part parce que c’est la signification littérale de Sukhothaï.
Pour vous donner une idée, Sukhothaï est à peu près au centre de la Thaïlande. Bon d’accord, un peu au-dessus du centre. Et un peu à l’ouest aussi. La ville ancienne, où nous avons choisi de rester pour éviter des aller-retours avec New Sukhothaï, distante de 12 kilomètres, se blottit comme une couleuvre langoureuse au milieu d’une plaine bordée de montagnes verdoyantes. Des levées de terre l’enserrent, que longent de larges douves peuplées de lotus. Et dans ce vaste carré, lorsque s’achève Muang Kao, la ville moderne d’Old Sukhothaï, le parc historique commence.
Cela n’a évidemment pas la grandiose majesté d’Angkor – mais comment rivaliser ?
Il n’y pas ici ces formidables temples-montagnes qui émergent de la jungle comme pour s’en évader. Non, pas de ça ici.
Pourtant, là aussi ce sont les temples qui ont résisté, les temples et leurs statues de Bouddha et plus encore, de grands stûpas dont les flèches pointent comme des signaux au-dessus des tamariniers. S’il ne subsiste des temples que leurs grands soubassements de latérite et des colonnes dressées vers le ciel, les stûpas, souvent, sont encore revêtus de leur parement de briques et certains portent toujours leur épiderme de stuc finement ouvragé. C’est d’une beauté tranquille, avec juste ce qu’il faut de grandeur pour imaginer que l’on se trouve dans la capitale du premier royaume de Siam, fondée en 1238 pour s’éteindre 2 siècles plus tard. Sans doute, une fois de plus, à cause des Birmans. Salauds de Birmans !
Juste histoire de dire, au même moment en Europe, on ne savait même pas qu’on vivait au Moyen Âge.
Mais la vision de ces ruines posées sur un gazon ras, ces ruines se reflétant dans des bassins judicieusement disposés, dans lesquels les envahissants lotus sont ôtés juste ce qu’il faut pour que ce reflet soit le plus parfait possible, cela rend admiratif du travail accompli pour entretenir un aussi bel endroit.
Il faut sortir des remparts pour trouver un peu de sauvagerie. Passer l’incroyable bouddha du Wat Si Chum et gravir le « pont de pierres » du Wat Saphan Hin qui mène droit en haut d’une colline aux pieds d’un autre bouddha, debout celui-ci. La vue sur la plaine émaillée de rizières y est simplement belle.
Et l’on s’y plaît à imaginer ce qui manque dans ce paysage intemporel, ce qui laisse si peu de trace et qui fait l’essence de mon métier : la vie…

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De quoi Paradis est-il le nom ?

D’aucuns disent que le paradis est pavé de bonnes intentions.
Ici,  j’ai plutôt vu du bon goudron sur les presque 200 km – et 1868 virages donc, j’ai compté – qui séparent Chiang Maï de Mae Hong Son. Deux cents kilomètres à couper le souffle ! Forêts profondes, montagnes escarpées, petites rivières qui serpentent au fond des vallées encaissées, jouant à cache-cache au milieu de mers de bambous et, comme un point d’orgue, une fin de trajet dans un paysage calcaire comme nous les aimons…
De hautes falaises rouges, tranchant sur le vert des rizières et de la forêt, dont on se dit qu’elles doivent cacher des kilomètres de grottes encore inexplorées. Et au milieu de tout ça, des villages qui, vus de la route sur les hauteurs, ne semblent pas plus que des villages de poupées.
Sublime, forcément sublime.
Quant à Mae Hong Son, le paradis en question.
Une petite bourgade toute simple et d’un calme, nichée autour d’un petit lac où se reflète un temple étonnant de style shan. Quelques voitures de ci de là, un peu plus que de scooters, pas de quoi se prendre la tête pour traverser !
Et notre guest-house ne jure vraiment pas dans le tableau ! Une maison traditionnelle avec planchers en teck toute cosy, le genre qui fait dire : « c’est celle-là que je veux ! »
Rien à voir avec Paï que nous avons traversée pour arriver ici. Tu vois Marie, nous avons suivi ton conseil ! Cela me rappelle plutôt, pour l’ambiance, Luang Phrabang ou mieux encore, Don Khone où nous étions l’an passé. Et où sont aujourd’hui même Patrick et Suzy (dans notre guest-house. Dans NOTRE chambre ! Marie, fait quelque chose ! )
Demain, on va aller se promener un peu partout. Voir des grottes. Des cascades. Des temples. Et sans doutes irons nous dans un village karen rendre visite à ces femmes au long cou qui me fascine depuis mon enfance…

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